Revenu

Les revenus sont l'argent qu'on tire régulièrement d'activités, de salaire social ou de propriété lucrative.

Dans une société où les biens communs ont été privatisés par l'enclosure, où tout s'achète et où tout se vend, la nécessité de chacun de disposer de revenus se fait impérative - c'est cette nécessité qui force les producteurs à se vendre sur le marché de l'emploi. L'emploi et les prestations de la sécurité sociale permettent de gagner un revenu sous forme salaire. Un niveau insuffisant de salaire permet selon la vulgate économique dominante de contrôler l'inflation (voir la notion de NAIRU) ou de contraindre le travail, ce qui obère la liberté et rend la notion même de démocratie absurde.

Le statut social, le prestige voire la simple reconnaissance sociale sont des notions éminemment conditionnées par le niveau de revenu.

Pour autant, la notion de revenu est extrêmement ambiguë et politiquement compliquée à utiliser puisqu'elle recouvre des réalités sociales opposées. Elle pèche ce faisant par irénisme.

Les revenus liés à l'activité lucrative doivent être considérés comme des revenus de l'emploi, comme des salaires. L'indépendant est un salarié qui s'ignore: il connaît les mêmes contraintes sur le travail qu'un salarié sous contrat de travail. Non seulement nous nous battons pour le salaire mais aussi pour tous les producteurs aient accès au statut de salariés, qu'ils aient un emploi ou non, qu'ils doivent gérer l'activité productive de valeur eux-mêmes, sous la pression de créanciers ou sous la pression d'un employeur ne change pas fondamentalement l'affaire.

Selon le Ministère des Finances, il y a un rapport de 1 à 52 entre les revenus du décile (des 10% de la population) le plus pauvre et ceux du décile le plus riche. Le ministère commente ce fait en soulignant que la Belgique est moins inégalitaire que ses voisins. Dont acte.

Les revenus de remplacement sont financés par l'impôt et défaussent de toute responsabilité le secteur privé qui génère le chômage et la misère. Si nous sommes favorables aux salaires, nous le sommes beaucoup moins aux revenus de substitution qui sont prélevés en majorité sur les salaires via l'impôt.
Nous leur préférons de loin les salaires socialisés. Ils posent le problème au niveau de la distribution, du rapport de force entre les classes productrices et propriétaires; ils permettent une activité hors emploi et, surtout, ils reconnaissent la valeur produite hors convention capitaliste du travail. Trois bonnes raisons pour nous de les valoriser.

Les 1% ont 1.200 fois plus de revenus que les 60%.
Les revenus peuvent aussi être issus d'une propriété lucrative quelconque. Là aussi, les choses sont un peu plus subtiles qu'il n'y paraît. Un revenu d'une propriété lucrative immobilière dépend des revenus des locataire, c'est-à-dire des salaires (individuels ou socialisés): il est donc paradoxalement dépendant de la bonne santé financière des producteurs, de la reconnaissance de leur production de valeur. Par contre, les propriétaires lucratifs d'outil de production - de bien mobiliers, d'avoir bancaires, de produits dérivés, d'action, d'obligation, etc. - ont objectivement intérêt à pousser la balance de la distribution en faveur des propriétaires et en défaveur des producteurs.

Il peut arriver qu'une même personne dépende de plusieurs types de revenus, ce qui peut rendre ses intérêts objectifs paradoxaux.